Kojima lâché par Sony : un journaliste était à ses côtés, il raconte
Il était là. Gene Park, journaliste au Washington Post, faisait la fête avec Kojima peu avant le coup de fil qui a tout changé. Et ce qu’il raconte à Moore’s Law Is Dead ne concerne pas seulement Physint — c’est tout PlayStation qui tanguerait.
Quand Sony a annulé Physint en juin 2026, Hideo Kojima ne se doutait de rien. Selon un entretien de près de deux heures sur Broken Silicon, Gene Park se trouvait aux côtés du créateur juste avant que la nouvelle ne tombe. Un témoignage rare qui, combiné à la récupération du projet par Xbox, nourrirait le récit d’un constructeur en pleine perte de repères à l’approche de la PS6.

Crédit image : Sony
Gene Park était avec Kojima juste avant l’appel de Sony
Dans un épisode fleuve de Broken Silicon diffusé ce 15 septembre, Tom (Moore’s Law Is Dead) reçoit Gene Park, journaliste au Washington Post spécialisé dans l’industrie du jeu vidéo. Le cadre dépasse le simple commentaire d’actualité : Park affirme qu’il se trouvait physiquement aux côtés de Kojima juste avant que le créateur n’apprenne, sans préavis, l’annulation de Physint par Sony en juin dernier. Un témoignage rare, dans un milieu où les coulisses restent verrouillées.
Selon le journaliste, Kojima n’avait reçu aucun signal avant-coureur. Park en est bien placé pour parler : il était avec le créateur à New York, dans les clubs, juste avant que l’appel ne tombe en juin. « Ce n’était pas du tout sur son radar », résume-t-il — et lui-même n’a rien vu venir. Il balaie d’ailleurs l’idée d’un retrait préparé de longue date : personne parmi ses sources ne s’y attendait, et les personnes concernées auraient été prises de court par la méthode. Trois mois plus tard, Xbox officialisait la récupération du projet.
Pour Park, l’affaire trahit surtout une planification défaillante. Sony connaissait le coût d’un projet Kojima après deux Death Stranding, s’était engagé publiquement avec une vidéo où Hermen Hulst encensait le créateur, puis s’est retiré — « ça a l’air stupide », lâche-t-il. Son hypothèse, dans la lignée de Jason Schreier : des jalons durcis en interne après le fiasco de Concord. Le segment consacré à cette rupture démarre à 21 min 35, et Park y revient à plusieurs reprises pour en faire le symptôme d’un problème bien plus large chez Sony.
PlayStation en pleine crise existentielle
L’affaire Kojima ne serait que la partie émergée de l’iceberg. La conversation entre Park et Moore’s Law Is Dead s’attarde sur ce que le journaliste qualifie de formule PlayStation vieillissante — un modèle de blockbusters narratifs solo de plus en plus coûteux à produire, dont la rentabilité s’effrite. En parallèle, Sony interroge ses propres studios sur la direction à prendre pour la PS6, un signe d’incertitude inhabituel à ce stade du cycle.
Les obstacles s’accumulent aussi sur le plan matériel. Le PDG de Sony a reconnu qu’aucune date ni prix n’étaient fixés pour la PS6, tandis que la crise de la RAM liée à l’IA pourrait repousser la console jusqu’en 2029. Le tableau d’ensemble est préoccupant :
- Une enquête interne qui trahirait le flou stratégique au sein de PlayStation Studios
- Une flambée des prix de la mémoire qui ferait exploser le coût d’une éventuelle PS6 portable au-delà de 600 $
- La colère des joueurs face à la possible suppression des disques physiques
- La perte de partenaires créatifs de premier plan, Kojima en tête
Xbox Helix et DLSS 5 : la concurrence se réarme
Pendant que PlayStation navigue à vue, la dernière partie de l’entretien aborde ce qui se prépare en face. Moore’s Law Is Dead évoque le projet Helix de Xbox, qui constituerait la réponse de Microsoft pour la prochaine génération. Les détails restent maigres — l’animateur évoque une APU d’une taille inédite et une puissance supérieure à un PC à 2 000 $, sans plus —, mais l’idée d’un Xbox revitalisé face à un PlayStation fragilisé alimente les discussions depuis plusieurs semaines.
Côté technologie, DLSS 5 fait débat, et Park n’est pas convaincu : « plutôt moche » en image fixe, plus acceptable en mouvement, mais révélateur d’une technologie qui plafonne. Park et Moore’s Law Is Dead s’accordent plutôt à dire que ce sont les jeux, et non la puissance, qui décideront de la prochaine génération — l’exemple de Zelda et de la Switch à l’appui.
Reste à voir si ce témoignage de Gene Park — aussi saisissant soit-il — trouvera un écho du côté de Sony. Le constructeur n’a toujours pas commenté les circonstances exactes de la rupture avec Kojima. Les prochains mois, entre un éventuel showcase PlayStation et les résultats financiers du troisième trimestre, devraient indiquer si la direction actuelle tient le cap — ou si d’autres départs fracassants viendront confirmer la tendance décrite par Park.









