3 sorties day one en 3 mois : le PS Plus rattrape-t-il enfin le Game Pass ?

Big Walk, Dragonwilds, Mycopunk en un trimestre, mais l'objectif annoncé par PlayStation réclame un quatrième titre avant décembre.
Publié le 11 septembre 2026

Le day one, c’était la carte maîtresse du Game Pass. Sony l’a abattue trois fois en trois mois pendant que Microsoft la range dans sa manche. Entre un PS Plus qui se réveille après sept mois de silence et un Game Pass qui rationne désormais jusqu’au cloud, la question n’est plus qui a le plus de jeux, mais qui tient encore sa promesse.

Le PS Plus avait promis des sorties day one, puis s’est assoupi pendant que PlayStation se mettait ses joueurs à dos : fin des disques confirmée pour 2028, semaine de boycott, sélections mensuelles jugées décevantes, et des centaines d’achats numériques effacés sans remboursement. Mais côté abonnement, Sony semble mettre les bouchées doubles : Helldivers 2 et Kingdom Come: Deliverance II en août, une fournée de septembre relevée par un day one, et un rythme de sorties le jour J qui s’accélère. Assez pour rattraper le Game Pass ?

PS Plus vs Game Pass septembre 2026

Crédit image : Sony / Xbox

De zéro à trois : le PS Plus rattrape son propre quota

La promesse a été chiffrée deux fois. En juin 2025, Nick Maguire, vice-président des services globaux de PlayStation, expliquait à Game File que Sony ne cherchait « pas à sortir des jeux le jour même » pour ses first-party. La cible, elle, tenait en un chiffre : quatre ou cinq titres indépendants par an en day one. En mai dernier, Christian Svensson, responsable des contenus tiers chez Sony Interactive, a relevé la barre auprès de Game Business : « il y en a probablement entre quatre et six par an sur lesquels nous nous concentrons ». L’an dernier, le PS Plus a fait mieux que la cible, avec neuf sorties le jour J :

Puis plus rien, de janvier à juillet 2026. Le réveil date du 4 août avec Big Walk, placé directement sur Essential et crédité d’un 94 sur Metacritic, la meilleure note jamais obtenue par un day one sur ce palier. Mycopunk a suivi, confirmé pour octobre lors du double State of Play de jeudi dernier, deux mois avant sa sortie, une pratique jusqu’ici réservée à Xbox. Trois en trois mois : Sony ne rattrape pas encore le Game Pass, il rattrape d’abord son propre quota, et il lui en manque un pour tenir la fourchette annoncée en mai.

Le cas RuneScape: Dragonwilds, attendu mardi prochain, résume la nouvelle donne. Jagex sort sa version 1.0 le même jour dans le catalogue Extra et sur le Game Pass, sans toucher au prix de vente. C’est le quatrième titre en quinze mois à décrocher un day one des deux côtés, après Blue Prince, Abiotic Factor et The Rogue Prince of Persia. La carte maîtresse se joue désormais à deux tables.

RuneScape: Dragonwilds - Release Date Trailer | PS5 Games

Xbox garde le day one, mais l’accès devient un casse-tête

Un day one sur Essential, le palier que tout le monde paie pour jouer en ligne, Microsoft ne l’a jamais offert pour un first-party. Sur le nombre, en revanche, aucun suspense. Rien que cet été, le Game Pass a aligné six à huit day one, de Resonance: A Plague Tale Legacy à Minecraft Dungeons II ; 2025 avait compté plus de 160 ajouts, dont les trois jeux les mieux notés de l’année. Le problème, c’est le ticket d’entrée. Avec quatre paliers, les first-party en day one sont réservés à Ultimate, à 20,99 € par mois, et à PC Game Pass ; les abonnés Essential et Premium ont regardé passer Forza Horizon 6 en mai. Le prix a fait le yo-yo : 29,99 € en octobre dernier, retour à 20,99 € en avril. Entre les deux, la nouvelle patronne de Microsoft Gaming, Asha Sharma, avait jugé l’offre « trop chère » dans un mémo interne. La baisse a eu un coût : les prochains Call of Duty n’arriveront plus qu’un an après leur sortie.

L’exclusivité vacille aussi. Fable, décalé au 23 février 2027, sortira le même jour sur PS5, où il se précommande déjà à 69,99 €, Microsoft ayant renoncé à en faire une exclusivité. À l’inverse, Gears of War: E-Day et Clockwork Revolution sont redevenus exclusifs fin août, et l’insider Tom Warren ne s’attend plus à voir Forza Horizon 6 sur PS5 cette année. Craig Duncan, patron d’Xbox, l’a concédé à GamesRadar : « parfois, nous sommes incohérents ». Seule ombre au tableau côté Sony, le day one PS Plus vit un an, et sept jeux quittent le catalogue mardi, le jour même où Dragonwilds y entre.

15 heures par mois : la bataille du cloud tourne à l’avantage du PS Plus

Le calendrier a le sens de l’ironie. Jeudi dernier, pendant que Sony annonçait un day one de plus, Microsoft annonçait la fin du cloud illimité. À partir de novembre, le streaming est compté :

Au-delà, il faudra acheter des heures sur le Xbox Store, à un tarif que Microsoft promet de dévoiler avant novembre. L’entreprise invoque le coût croissant du service, estime que 4 % des abonnés seront touchés et reconnaît que « pour certains joueurs, le résultat pratique est un coût plus élevé ». Ceux qui ont acheté un Xbox Ally ou un G Cloud pour jouer sans console< sont les premiers à trinquer. En face, Sony n’a annoncé aucune limite horaire sur le streaming de PS Plus Premium, et le PlayStation Portal fait le reste. Le cloud PlayStation n’est pas irréprochable, latence variable et catalogue streaming plus étroit, mais sur cette manche, Sony gagne sans avoir eu à lever le petit doigt.

Non en nombre, oui en direction : c’est la réponse honnête à la question du titre, et pour la première fois, l’abonné du palier de base est mieux servi chez Sony. Trois dates trancheront. Le 30 septembre, la sélection d’octobre doit dater Mycopunk ; d’ici décembre, un quatrième day one dira si Sony tient sa fourchette de quatre à six ; et en novembre, les 15 heures Xbox entrent en vigueur au moment précis où les joueurs auront le plus envie de streamer.

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Rédacteur
Fasciné par les univers de fiction et les réalités alternatives, Alexandre Kor nourrit depuis toujours un intérêt marqué pour les œuvres qui rendent ces visions tangibles. Rédacteur spécialisé jeux vidéo sur SteampunkAvenue.com, il s’attache à décrypter les créations interactives nourries par ces imaginaires.