Steampunk : définition, origines… l'aventure commence ici

Explorer la culture steampunk, au-delà des clichés
Mis à jour le 3 février 2026

Machines à vapeur rugissantes, engrenages apparents, élégance victorienne et futurs imaginés trop tôt… Le steampunk est un mouvement culturel qui mêle l’esthétique et la technologie du XIXème siècle à des éléments de science-fiction. Bien plus qu’une simple esthétique rétrofuturiste, il est devenu un imaginaire foisonnant, un genre à part entière et, pour certains, un véritable art de vivre. Plongée au cœur d’un univers où la vapeur n’a jamais cessé de faire rêver.

Né à la croisée de l’Histoire et de l’anticipation, le steampunk pose une question aussi simple que vertigineuse : et si le futur s’était écrit avec les technologies du passé ? Ses œuvres littéraires et audiovisuelles se déroulent dans une réalité alternative où le progrès technologique est basé non pas sur l’électricité, mais sur la machine à vapeur.

définition steampunk

Crédit image : Steampunk Avenue

Le steampunk, un monde de vapeur

Le XIXème siècle a connu une révolution industrielle qui a transformé de multiples aspects de la vie quotidienne. Pendant cette période, de nombreuses inventions et innovations ont vu le jour, transformant la société et posant les bases de notre monde moderne. On peut citer le télégraphe, l’éclairage public ou la photographie. Cependant, la technologie qui a exercé l’influence la plus significative au cours du XIXe siècle est indéniablement la machine à vapeur. En se démocratisant, elle a grandement contribué à l’essor des transports, notamment grâce à l’invention de la locomotive à vapeur en 1804. Cette avancée a ouvert la voie à une ère de connectivité et d’expansion sans précédent, transformant profondément les sociétés et les modes de vie.

Il n’est donc pas étonnant que la vapeur (steam en anglais) soit un élément central du steampunk. Mais dans cet univers, la technologie mise en scène est généralement aussi avancée que celle de notre monde moderne, sauf qu’elle utilise la vapeur comme source d’énergie, et non pas l’électricité, le gaz ou le pétrole. En conséquence, la technologie steampunk adopte un look rétro qui rappelle l’époque de la révolution industrielle.

En somme, le steampunk met en scène une technologie moderne avec un look rétro.

Dirigeables majestueux, automates à engrenages, armes mécaniques et machines improbables peuplent ainsi les univers steampunk. Cette technologie spectaculaire, à la fois familière et anachronique, participe pleinement à l’identité visuelle du genre et à son pouvoir de fascination.

Le style steampunk, une relecture de la mode du XIXᵉ siècle

Le steampunk s’exprime aussi par une esthétique vestimentaire immédiatement reconnaissable, directement héritée des modes du XIXᵉ siècle. L’Angleterre victorienne (1837-1901), la Belle Époque française (1871-1914) ou encore l’Amérique de la guerre de Sécession (1861-1865) constituent les principales sources d’inspiration de ce style rétrofuturiste. Ces périodes marquent un âge d’or du vêtement structuré, des silhouettes affirmées et des codes sociaux visibles à travers l’habillement.

Chez les hommes, le style steampunk emprunte aux dandys victoriens et aux ingénieurs de l’ère industrielle : manteaux longs, redingotes, gilets ajustés, chemises à col haut et chapeaux haut-de-forme ou melons composent la base de la silhouette. Les montres à gousset, cannes, gants de cuir et lunettes d’aviateur viennent compléter l’ensemble, renforçant l’image d’un explorateur, d’un inventeur ou d’un aventurier d’un autre temps.

Du côté féminin, la mode steampunk s’inspire largement de la silhouette corsetée du XIXᵉ siècle. Le corset, pièce emblématique, structure la tenue et rappelle l’élégance victorienne, tandis que les jupes longues, bustiers, dentelles et bottines évoquent la Belle Époque. Ces codes classiques sont souvent détournés par l’ajout d’éléments mécaniques, de matières industrielles ou d’accessoires évoquant l’ingénierie et l’aventure.

Les codes de la mode steampunk – Pour les hommes, manteau long et chapeau haut-de-forme sont de rigueur. Chez les femmes, le corset est un élément récurrent.

Là où la reconstitution historique cherche la fidélité, le steampunk revendique la liberté. En détournant les codes vestimentaires du XIXᵉ siècle, il transforme chaque tenue en une déclaration visuelle, à la frontière de l’élégance historique et de la science-fiction.

Et le punk dans tout ça ?

Pour comprendre la place du Punk dans le steampunk, il est nécessaire de remonter aux origines du genre. La première apparition du terme « steampunk » date de 1987, dans une lettre de l’écrivain américain Kevin Jeter adressée au magasine Locus. En plaisantant, l’auteur utilise le mot steampunk pour définir les fictions victoriennes qu’il écrit avec ses acolytes Tim Powers et James Blaylock. Le terme « punk » est surtout là pour faire office de référence parodique au Cyberpunk, car l’idéologie libertaire du punk est beaucoup moins prononcée dans le Steampunk que dans le Cyberpunk.

De simple plaisanterie, le steampunk est devenu aujourd’hui un genre à part entière, présent sur tous les supports culturels (cinéma, séries TV, jeux vidéos…). C’est également un art de vivre pour certains. D’ailleurs, les passionnés de steampunk sont appelés des Steamers, ou Vaporistes en France.

Le grand public connaît le steampunk, mais il ne le sait pas encore…

Le mot “steampunk” reste encore assez méconnu. En revanche, le genre et surtout son esthétique sont déjà bien ancrés dans l’imaginaire collectif, à travers de nombreuses œuvres populaires, parfois sans être explicitement identifiées comme telles.

Tout d’abord, on pourrait presque classer certains romans de l’illustre Jules Verne dans la catégorie steampunk. En effet, dans Vingt mille lieues sous les mers, le Nautilus est un sous-marin futuriste évoluant dans une époque classique (1867-1868). Mais ce classique de la littérature française ayant été écrit au XIXe siècle, on le qualifiera plutôt de roman de science-fiction.

Illustration du Nautilus, le sous-marin de 20000 lieues sous les mers

Le Nautilus, le sous-marin futuriste imaginé par Jules Verne

On pourrait également citer Les mystères de l’Ouest. Dans cette célèbre série télévisée, ainsi que dans son adaptation au cinéma, 2 agents secrets parcourent le Far-West des années 1870 et utilisent des inventions anachroniques, mécaniques et technologiques, pour combattre leurs adversaires. Cette association entre western, gadgets futuristes et esthétique rétro en fait un exemple emblématique de steampunk à la télévision.

Plus récemment, le steampunk s’est imposé auprès d’un public beaucoup plus large grâce à Arcane, la série animée produite par Netflix. Située dans l’univers de League of Legends, la série met en scène la ville de Piltover, véritable vitrine d’un steampunk moderne mêlant machines à vapeur, engrenages, technologies expérimentales et luttes sociales. Son esthétique raffinée, associée à une narration mature et à une direction artistique très marquée, a largement contribué à populariser les codes du genre auprès d’un public parfois peu familier avec le steampunk.

Arcane steampunk

La ville de Piltover, dans la série Arcane sur Netflix

De même, le comics et le film La ligue des gentlemen extraordinaires figurent parmi les œuvres steampunk les plus connues. Cette histoire met en scène des personnages de la littérature populaire de la fin du XIXe siècle (Dr Jekyll et Mr Hyde, le capitaine Nemo, l’homme invisible, Sherlock Holmes, etc… ), et les réunit au sein d’une unité d’élite pour protéger l’Angleterre de l’époque victorienne contre des menaces fantastiques et futuristes.

En BD, nous avons aussi Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec de Jacques Tardi. On y suit les enquêtes d’une jeune journaliste dans un Paris de la Belle-Époque empreint de mystique et de surnaturel, le tout dans une atmosphère rétro-futuriste très proche du steampunk.

Enfin, le steampunk a fait de multiples apparitions vidéo-ludiques. BioShock Infinite (2013) est par exemple un parfait représentant du genre. L’histoire du jeu se déroule en 1912, dans une ville flottante aux airs de cité utopique, reposant sur des technologies avancées et une esthétique rétro. Plus récemment, Clair Obscur: Expedition 33 s’inscrit lui aussi dans cette filiation, en proposant un univers singulier mêlant inspirations Belle Époque, machines étranges et direction artistique audacieuse. Ce jeu illustre la capacité du steampunk à se renouveler, en fusionnant héritage historique, imaginaire artistique et narration contemporaine.

Et maintenant ?

Si l’univers du steampunk vous intrigue et que vous souhaitez aller plus loin, les Archives de l’Aether constituent un excellent point de départ. À travers dossiers, analyses et articles de fond, elles proposent de comprendre et explorer la culture steampunk, ses origines, ses codes et ses multiples déclinaisons, bien au-delà des clichés visuels.

Le steampunk s’exprime aussi par le style et les objets qui l’accompagnent. Bijoux, montres, lunettes ou accessoires rétrofuturistes participent pleinement à cette esthétique singulière, où l’élégance du XIXᵉ siècle rencontre l’imaginaire de la science-fiction. Nos articles consacrés aux bijoux steampunk, aux montres steampunk ou encore aux lunettes steampunk décryptent ces éléments comme autant de marqueurs stylistiques et culturels.

Enfin, parce que le steampunk est un univers vivant, en constante évolution, la Gazette steampunk vous propose de suivre l’actualité de la sphère steampunk : créations, œuvres, événements, tendances et initiatives qui font vibrer la communauté des vaporistes.

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Rédactrice en chef
Exploratrice de mondes imaginaires, Iris Montclair arpente les œuvres rétrofuturistes, de science-fiction et de fantasy. Rédactrice en chef sur SteampunkAvenue.com, elle propose analyses, dossiers et actualités dédiés aux séries, animes et récits qui donnent vie à ces univers.