PS5 Pro : après 16 mois d'attente, cette mise à jour révèle le vrai potentiel de la console
Il aura fallu 16 mois et un partenariat avec AMD pour que la PS5 Pro tienne enfin ses promesses visuelles. Le remède porte un nom : Project Amethyst. Et le premier cobaye s’appelle Resident Evil Requiem.
Depuis hier, le dernier survival horror de Capcom est le premier jeu à exploiter la version remaniée de PSSR, l’upscaler IA de la console. Bâti sur les fondations du FSR 4 d’AMD et peaufiné pendant six mois pour le hardware de Sony, ce nouvel algorithme promet des images plus nettes, moins de ghosting et un traitement inédit des détails fins. Alors que les ventes de PS5 explosent, Sony mise gros sur cette injection technologique pour prolonger la durée de vie de sa génération actuelle.

Crédit image : Sony
Resident Evil Requiem : le premier jeu à exploiter la vraie puissance de la PS5 Pro
Dès les premières minutes de Resident Evil Requiem, quelque chose saute aux yeux. La séquence d’ouverture, où l’on arpente une rue en vue subjective dans la peau de Grace Ashcroft, s’impose comme l’une des plus belles vitrines graphiques de la console depuis la montagne inaugurale de Death Stranding 2 : On the Beach. La pluie qui ruisselle sur les trottoirs, la lumière qui se diffuse à travers chaque mèche de cheveux du protagoniste, les reflets du ray tracing sur les surfaces mouillées — tout respire une maîtrise technique inédite sur PS5 Pro.
Les chiffres confirment l’impression visuelle. Le jeu tourne à 60 fps en 1080p avec le ray tracing activé, ou grimpe jusqu’à 120 fps si l’on désactive ces effets d’éclairage avancés. Deux modes qui, dans les deux cas, tirent parti de la nouvelle PSSR pour reconstruire une image d’une netteté remarquable. Le RE Engine de Capcom, déjà réputé pour sa qualité visuelle sur des titres plus gourmands que Dragon’s Dogma 2 ou Monster Hunter Wilds, trouve ici un terrain d’expression idéal.
Project Amethyst : comment Sony et AMD ont créé l’upscaler nouvelle génération
Derrière cette transformation se cache un partenariat industriel d’envergure. Project Amethyst désigne la collaboration entre Sony et AMD qui a accouché de cette nouvelle mouture de PSSR. L’algorithme et le réseau neuronal qui la composent s’appuient directement sur les fondations du FSR 4, la technologie d’upscaling qu’AMD a d’abord déployée sur PC avec ses GPU RDNA 4. Sony a ensuite consacré six mois à adapter et affiner cette base pour le hardware spécifique de la PS5 Pro, qui repose sur une architecture RDNA 2 plus ancienne.
Le résultat se voit surtout sur les détails fins, traditionnellement le talon d’Achille des upscalers. Masaru Ijuin, ingénieur moteur senior chez Capcom, explique que la version améliorée du RE Engine rend chaque mèche de cheveux et de barbe sous forme de polygone individuel, avec une réaction réaliste aux mouvements du corps et au vent. « La PSSR améliorée nous a permis d’élever notre expressivité en traitant avec succès ces détails et particularités texturelles, traditionnellement difficiles à upscaler en raison de leur complexité », précise-t-il. Jack Huynh, vice-président d’AMD, a salué publiquement cette vision commune avec Mark Cerny.
February 27, 2026
— (@jackhuynh) date
Mars 2026 : tous les jeux PS5 Pro vont en profiter (même les anciens)
L’impact de Resident Evil Requiem ne restera pas un cas isolé bien longtemps. Sony a confirmé qu’une mise à jour système débarquera en mars, accompagnée d’un déploiement de la nouvelle PSSR sur de nombreux titres existants. Le plus intéressant réside dans une option baptisée « Enhance PSSR Image Quality », accessible directement dans les paramètres de la console. Une fois activée, elle forcera la version améliorée de l’upscaler sur n’importe quel jeu PS5 Pro supportant déjà la PSSR d’origine — un fonctionnement similaire à celui du FSR 4 sur PC, où l’on peut imposer la dernière version par-dessus des jeux conçus pour le FSR 3.1.
Avec plus de 50 titres PS5 Pro utilisant actuellement PSSR, le catalogue concerné est déjà conséquent. Parmi les jeux qui pourraient en bénéficier :
- Assassin’s Creed Shadows
- Marvel’s Spider-Man 2
- Kingdom Come Deliverance 2
- Battlefield 6
- Silent Hill 2, dont les problèmes graphiques persistants sur PS5 Pro pourraient enfin être corrigés
Cette injection technologique prend tout son sens quand on sait que la date de sortie de la PlayStation 6 est repoussée à 2029, en partie à cause de la pénurie de RAM causée par l’IA générative. Sony doit impérativement prolonger l’attrait de sa génération actuelle. Plutôt que de laisser la PS5 Pro stagner, l’entreprise fait le pari d’une console qui s’améliore avec le temps — une philosophie de plateforme vivante qui pourrait redéfinir la fin de cycle d’une génération.
Seize mois après un lancement à 750 dollars qui avait laissé beaucoup de joueurs sceptiques, la PS5 Pro commence enfin à ressembler à la console que Mark Cerny avait promise. Si la mise à jour de mars tient ses promesses sur l’ensemble du catalogue, Sony aura transformé une dette technique en argument de vente — pile au moment où la prochaine génération se fait désirer.



