PS5 : Sony annonce une (très) grosse augmentation de prix dès le 2 avril
900€ la PS5 Pro, 650€ la PS5 standard : Sony vient d’inventer la console qui prend de la valeur comme un bien immobilier. Sauf qu’ici, c’est le joueur qui perd au change.
À compter du 2 avril 2026, l’intégralité de la gamme PlayStation coûtera jusqu’à 100€ de plus qu’aujourd’hui. Sony justifie cette hausse par les « pressions continues dans le paysage économique mondial », un euphémisme qui englobe pénurie de RAM, tarifs douaniers et conflit en Iran. L’annonce tombe alors que la PS5 vient de franchir les 90 millions d’unités vendues, et huit mois avant la sortie de GTA 6, dont le prix pourrait atteindre 105€.

Crédit image : Sony
150€ de plus en un an et demi : une première dans l’histoire PlayStation
Retour en novembre 2024 : la PS5 Pro débarque à 799,99€ en France, un tarif déjà jugé salé par une large partie de la communauté. Et désormais, à compter du 2 avril 2026, le compteur s’emballe : 899,99€. En à peine seize mois, la PS5 Pro qui vient enfin de révéler son potentiel aura vu son prix grimper de 100€, soit une inflation de 12,5%.
Le cas de la PS5 Slim digitale est tout aussi éloquent. Lancée à 399,99€ en novembre 2023, elle coût aujourdh’ui 449,99€ et passera à 599,99€ la semaine prochaine. Voici le récapitulatif des nouveaux tarifs français :
- PS5 Digital Edition : 599,99€ (contre 449,99€ auparavant, +150€)
- PS5 avec lecteur de disques : 649,99€ (contre 549,99€, +100€)
- PS5 Pro : 899,99€ (contre 799,99€, +100€)
Traditionnellement, une console de salon voit son prix baisser au fil de sa vie commerciale. La PS4, la PS3 avant elle, et même la PS2 ont toutes suivi cette courbe descendante. La PS5 fait exactement l’inverse. C’est la première fois dans l’histoire de PlayStation qu’une console coûte 30% de plus qu’à son lancement après cinq ans et demi d’existence.
Le piège GTA 6 : acheter maintenant ou attendre la PS6 ?
GTA 6 arrive fin 2026, et Rockstar n’a toujours pas confirmé de version PC au lancement. Pour des millions de joueurs, la PS5 — et a fortiori la PS5 Pro — reste le seul moyen de découvrir le jeu le plus attendu de la décennie dans les meilleures conditions. Sony le sait, et le calendrier de cette hausse n’a rien d’anodin : elle intervient suffisamment tôt pour empêcher les joueurs d’« attendre le dernier moment » avant la sortie du jeu de Rockstar.
Le dilemme est cruel. Avant le 2 avril, la PS5 Pro à 799€ restait un investissement discutable mais défendable pour qui possède un téléviseur 4K et tient aux performances graphiques. Après le 2 avril, à 900€, la console entre dans la zone tarifaire d’un PC gaming d’entrée de gamme — sans en offrir la polyvalence.
Et puis il y a l’ombre de la PS6. Si Sony commercialise sa prochaine console alors que la PS5 Pro est toujours affichée à 900€, difficile d’imaginer un prix de lancement inférieur. Le seuil des 1000€ pour une console de salon n’est plus un scénario catastrophe : c’est une projection réaliste. Acheter la Pro maintenant revient à miser sur deux ans d’usage intensif avant l’obsolescence programmée. Attendre, c’est parier que la PS6 justifiera un investissement encore plus lourd.
RAM, IA et guerre en Iran : l’effet domino qui tue le gaming abordable
Derrière la formule diplomatique de Sony sur les « pressions dans le paysage économique mondial » se cachent des réalités très concrètes. La course à l’intelligence artificielle a provoqué une explosion de la demande en mémoire vive. Les datacenters engloutissent des quantités astronomiques de RAM et de composants de stockage, faisant grimper les prix à deux chiffres pour toute l’industrie électronique. Les fabricants de consoles, de Valve à Nintendo, encaissent le même choc.
S’y ajoute un facteur géopolitique inattendu : l’attaque de l’Iran contre l’installation d’exportation de gaz naturel du Qatar a forcé sa fermeture. Or, le Qatar fournit un tiers de l’hélium mondial, un gaz indispensable à la fabrication de semi-conducteurs. La compagnie gazière qatarie a annoncé que cette fermeture réduirait les exportations d’hélium de 14%. Moins d’hélium signifie moins de puces, et des puces plus chères. Ajoutez les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump — déclarés illégaux par la Cour suprême en février mais remplacés par un tarif global de 10% — et le tableau devient limpide. Sony n’est pas seul : Microsoft prépare aussi une Xbox à 1000$, Nintendo a relevé le prix de la Switch originale en août dernier, et les fabricants de GPU comme MSI qualifient 2026 d’« année la plus difficile de leur histoire ».
L’analyste Mat Piscatella, de Circana, résume la tendance avec une franchise glaçante : « Une part croissante du marché va vers les personnes plus aisées, aux revenus plus élevés, tandis que les segments à faibles revenus sont en grande difficulté. Le gaming premium penche de plus en plus vers le consommateur fortuné. »
Sony gagne des milliards mais ferme des studios : la contradiction qui enrage les fans
Le timing de l’annonce est d’autant plus difficile à avaler que Sony ne traverse pas exactement une crise financière. Au trimestre octobre-décembre, l’entreprise a affiché un bénéfice en hausse de 11%, à 377,3 milliards de yens (2,4 milliards de dollars). Le groupe a même relevé ses prévisions annuelles à 1130 milliards de yens (7,2 milliards de dollars). Isabelle Tomatis, vice-présidente du marketing mondial de Sony Interactive Entertainment, assure que cette hausse est « une étape nécessaire pour continuer à offrir des expériences de jeu innovantes et de haute qualité ». La promesse sonne creux au regard des décisions récentes.
Car pendant que les prix grimpent, l’écurie de studios PlayStation rétrécit. La fermeture de Bluepoint Games, artisan respecté derrière les remakes de Demon’s Souls et Shadow of the Colossus, et celle de Dark Outlaw Games ont profondément heurté la communauté. La génération PS5 aura connu plus de hausses tarifaires et de fermetures de studios que de nouvelles licences first-party. Les joueurs paient davantage pour un écosystème qui produit moins de jeux maison. Chaque annonce fait monter la frustration d’un cran.
Reste la question de la limite. À 900€ la console premium, avec des jeux qui pourraient atteindre 105€ l’unité à la sortie de GTA 6, le coût d’entrée dans l’écosystème PlayStation dépasse allègrement les 1000€. Si la PS6 franchit ce cap symbolique à son lancement, le jeu vidéo sur console aura achevé sa mue en loisir de luxe — et une partie de son public historique restera sur le carreau.



