Crimson Desert est enfin là, les reviews aussi : "Ça devient bon après 2 semaines de jeu"

L'ampleur hallucinante du nouveau RPG coréen divise les testeurs
Publié le 19 mars 2026

Ça devient bon après deux semaines de jeu — voilà le compliment le plus sincère qu’un testeur ait trouvé pour Crimson Desert. Entre les 200 heures de jeu d’un critique qui n’a toujours pas vu le générique et la chute de 29 % de l’action Pearl Abyss, le tableau est pour le moins contrasté.

Disponible dès aujourd’hui sur PS5, Xbox Series et PC, Crimson Desert devait incarner le renouveau du monde ouvert après des semaines d’emballement communautaire. Son Metacritic de 78/100, compilé à partir de 91 reviews exclusivement PC, raconte une tout autre histoire : celle d’un jeu titanesque que certains adorent passionnément et que d’autres trouvent épuisant, avec des scores allant de 4/10 à 10/10.

Crimson Desert reviews

Crédit image : Pearl Abyss

Le consensus critique : un monde gigantesque qui cache ses qualités

Sur les 91 reviews compilées par Metacritic, toutes proviennent de la version PC. Aucun code console n’a été envoyé aux critiques avant le lancement — une stratégie qui rappelle le fiasco Cyberpunk 2077 en 2020, même si Digital Foundry a pu tester la version PS5 Pro avec des résultats encourageants, notamment grâce aux capacités techniques de la PS5 Pro. Trois modes graphiques sont proposés sur console (qualité visuelle, framerate et équilibré), et les performances restent stables en dehors des combats les plus chargés. Malgré tout, les premiers doutes sur les versions console persistent, faute de tests indépendants.

Côté consensus, les critiques s’accordent sur quelques points. Le monde de Pywel est immense, visuellement spectaculaire, et le système de combat est salué presque unanimement. En revanche, la narration est jugée faible, les systèmes mal expliqués, et la difficulté — fixe, sans aucun réglage — frustre autant qu’elle galvanise. Les scores oscillent entre 4/10 et 10/10, un grand écart rarissime qui traduit l’impossibilité de ranger Crimson Desert dans une case unique. Comme le résume un critique : le jeu est un touche-à-tout, maître de quelques disciplines, médiocre dans d’autres.

200 heures de jeu et toujours pas fini : l’ampleur hallucinante de Crimson Desert

Le chiffre le plus vertigineux vient d’un critique qui a passé plus de 200 heures sur Crimson Desert sans voir le générique de fin. « Il y a trop de systèmes, trop de quêtes, un monde trop vaste à explorer », écrit-il, avant d’ajouter qu’il découvre encore de nouvelles mécaniques après tout ce temps. Un autre testeur a englouti 150 heures et qualifie le jeu de « profondément imparfait », tout en saluant un combat « exceptionnel ». À titre de comparaison, la plupart des RPG en monde ouvert se bouclent en 60 à 80 heures. Ici, le jeu semble ne jamais vouloir s’arrêter.

Et le contenu ne se limite pas à la quête principale. Crimson Desert empile les activités avec une générosité qui confine à l’excès :

Cette surabondance divise frontalement. Pour les uns, c’est une richesse inouïe qui justifie le modèle économique atypique du jeu, sans microtransactions ni season pass. Pour les autres, c’est du remplissage pur. « Si quelqu’un avait pris la peine de couper toutes les absurdités de Crimson Desert, en retirant les quêtes fedex, les combats basiques et les gros morceaux de remplissage de carte, il resterait probablement une expérience correcte », tranche une critique. Jason Schreier, de Bloomberg, se montre encore plus cinglant après quelques heures : « On dirait un jeu conçu pour les gens qui veulent juste Consommer du Contenu. » Le crash boursier de Pearl Abyss, dont l’action a plongé de 28,9 % à 46 600 wons après la publication des notes, prouve que les actionnaires — qui espéraient un 90/100 — partagent cette déception.

Le verdict qui fâche : « Ça devient bon après deux semaines de jeu »

La phrase qui résume le mieux le paradoxe Crimson Desert vient du test de GamesRadar+. Après plus de 80 heures, Joel Franey admet avec un humour désarmant : « Je sais, je sais — « ça devient bon si vous investissez deux semaines de travail », c’est un compliment faible, mais c’est quand même vrai. Ça s’améliore vraiment ! » Le critique précise que cette amélioration passe en partie par la compréhension des failles du jeu : certaines compétences ne valent pas l’investissement, des pans entiers d’activités secondaires sont fastidieux, et l’histoire peut être avancée en accéléré sans rien perdre d’essentiel.

Face à ce constat, les avis les plus enthousiastes forment un contrepoint saisissant. Paul Tassi, qui accorde un 9,5/10 après 100 heures, ne tarit pas d’éloges : « Cent heures dans ce jeu, et je ne me suis jamais ennuyé. Il y a tellement de choses à faire, tellement de pistes de progression, de quêtes, d’artisanat, de puzzles, de chasses aux boss, de prises de territoire — la liste ne s’arrête tout simplement pas. » À l’opposé exact, le test provisoire d’IGN (6/10 après 110 heures) pointe « des sections d’infiltration extrêmement mal inspirées » et « des puzzles qu’on résout à la force brute plutôt qu’avec une solution créative ». Deux critiques, des centaines d’heures chacun, et un fossé de 3,5 points entre leurs notes.

Ce gouffre révèle quelque chose de fondamental sur Crimson Desert : le jeu ne se donne pas facilement. Il exige un investissement colossal avant de dévoiler ses meilleures cartes — combats contre des dragons, pilotage de mechs, escalade façon Dragon’s Dogma — et tout le monde n’est pas prêt à patienter 50 heures pour y accéder. Pearl Abyss a bâti un monument d’ambition brute, mais a oublié d’installer un panneau d’accueil à l’entrée.

Crimson Desert est peut-être le jeu le plus polarisant de 2026. Un titre qui réclame une confiance aveugle à ses joueurs, avec la promesse que la récompense viendra — mais seulement pour ceux qui acceptent de traverser des dizaines d’heures de frustration et de systèmes opaques. Reste à savoir si la communauté sera aussi patiente que les critiques qui y ont sacrifié leurs nuits.

Crimson Desert - Launch Trailer | PS5 Games
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Rédacteur
Fasciné par les univers de fiction et les réalités alternatives, Alexandre Kor nourrit depuis toujours un intérêt marqué pour les œuvres qui rendent ces visions tangibles. Rédacteur spécialisé jeux vidéo sur SteampunkAvenue.com, il s’attache à décrypter les créations interactives nourries par ces imaginaires.